Pontivy : Art et histoire
La tradition veut que Pontivy ait été fondée au VIIe siècle par le moine breton Ivi. Venu du monastère écossais de Lindisfarne, il aurait édifi é un oratoire sur les bords du Blavet puis jeté un pont sur la rivière, qui aurait donné son nom au lieu : Pont Ivi.

En 1456, la ville voit s’établir un couvent de l’ordre mendiant des Cordeliers. En 1485, un château puissamment fortifi é est érigé sur un coteau dominant le Blavet. La ville prospère au XVIe siècle, mais en 1562 débutent les guerres de religion. Pontivy, où Henri 1er de Rohan a fondé une église réformée en 1561, est l’enjeu des combats que se livrent catholiques et huguenots. Le 3 décembre 1589, elle tombe aux mains de la Ligue et de ses alliés espagnols. Elle le demeurera jusqu’à la promulgation de l’Édit de Nantes, en 1598.
Durant le XVIIe siècle, Pontivy connaît un nouvel essor, mais les disettes à répétition plongent la ville dans une misère extrême. En 1787, quatre habitants sur sept vivent dans la pauvreté, deux autres sont voués à la mendicité.
Pontivy accueille la Révolution avec ferveur. Deux Pontivyens sont à Versailles le 5 mai 1789 pour l’ouverture des États Généraux. À partir du 9 juillet, tous deux siègent à l’Assemblée nationale constituante.
Ni la Terreur, qui s’abat sur ses édiles, accusés de fédéralisme et de modérantisme, ni les chouans, qui l’assiègent et la menacent, ne parviendront à la détourner de son engagement. Alors que s’achève la Révolution, Pontivy est regardée comme une place forte républicaine au coeur de la Bretagne.
À l’automne 1802, Napoléon Bonaparte décide de construire une ville nouvelle et de canaliser le Blavet jusqu’à Hennebont. Pour le premier consul, il s’agit de pacifi er et de moderniser une région en proie aux troubles civils.
Le 9 novembre 1804, Pontivy prend le nom de Napoléonville et le 12 août 1807 on pose la première pierre. La réalisation de ce projet occupera pratiquement trois-quarts de siècle. Pontivy devient une ville moderne, parcourue de larges artères pavées et agrémentée de jardins. Elle est désormais pourvue d’un lycée, d’une caserne, d’une prison, d’une mairie, d’une sous-préfecture, d’un tribunal et d’un théâtre. En cent ans, Pontivy voit doubler le nombre de ses habitants.
De cette histoire, Pontivy garde une double architecture : la place du Martray, la rue du Fil et la rue du Pont sont au coeur de l’axe médiéval, où l’on peut découvrir, le long de ruelles pavées, des maisons à colombages datant du moyen-âge, contrastant fortement avec la ville construite sous l’Empire.